01/11/19

4 conseils de champions pour adapter son tennis à l'indoor

tennis indoor conseils Champions

Alors que la saison indoor bat son plein, nous en profitons pour vous livrer quatre précieux conseils qui vous permettront, espérons-le, de passer l'hiver au chaud…

 

Guy Forget, le directeur du Rolex Paris Masters et de Roland-Garros, avait dit un jour : "Le meilleur tennis du monde se joue en indoor." La meilleure qualité de tennis, voulait-il dire, conscient que le tennis en extérieur offre d'autres attraits.

Il est vrai en tout cas que d'un bout à l'autre de Paris, de la terre battue extérieure de Roland-Garros à la résine intérieure de l'AccorHôtels Arena, le tennis pratiqué est très différent. On n'ira pas jusqu'à dire que ça n'est pas le même sport, mais pas loin. Parlez-en à Rafael Nadal, douze fois vainqueur Porte d'Auteuil et jamais (pour l'instant…) du côté de Bercy.

L'Espagnol l'a reconnu : "Si la chance n’a rien à voir avec mes 12 victoires à Roland-Garros, alors la malchance n’a rien à voir avec le fait que je n’ai jamais gagné au Rolex Paris Masters." Il y a eu les blessures, bien sûr, mais aussi un style qui "colle" un peu moins à l'indoor, notamment sur ce type de surfaces en résine que l'on retrouve le plus souvent, où le rebond est assez bas, un peu plus fusant, ce qui en rajoute à des conditions de jeu globalement plus rapides, donc plus favorables aux attaquants, aux grands serveurs ou aux contreurs.

Dans tous les cas, que vous soyez un joueur de salle naturel ou pas, l'on ne saurait trop vous conseiller d'adapter votre jeu dès lors que vous évoluez avec un toit sur la tête. Car, à moins que vous n'habitiez sous les tropiques, vous risquez de ne plus jouer sous la lumière du jour pendant au moins les quatre mois qui vont suivre…

 

Conseil n°1 : jouer plus vite, plut tôt

En indoor, tout va un peu plus vite. C'est souvent lié à la surface, bien sûr, mais pas seulement. L'absence de "parasites" extérieurs, l'hygrométrie constante ou encore les repères visuels stabilisés améliorent les sensations et la perception de la balle. C'est ce qui donne cette impression agréable d'un terrain un peu plus grand qu'à l'extérieur.

On peut ainsi frapper plus juste, plus fort, avec un sentiment de puissance renforcé par une meilleure pénétration de la balle dans l'air, sans parler de l'effet "cocon" et du bruit accentué à la frappe. Du pain béni pour les joueurs dotés d'un bon timing, qui aiment frapper la balle proprement, à l'image de Novak Djokovic, probablement le meilleur joueur du monde en indoor. "La vitesse et la hauteur du rebond nécessitent en effet de changer un peu sa manière de frapper la balle, confirme le quintuple vainqueur du Rolex Paris Masters et des Finales ATP.

Inutile donc d'en rajouter en "forçant" vos coups. En revanche, un peu comme sur gazon, il est important de composer avec cette vitesse accélérée des conditions en prenant la balle plus vite, plut tôt, quitte même à raccourcir légèrement votre préparation pour avancer un peu votre plan de frappe. En indoor, c'est rarement celui qui recule qui gagne.

 

Conseil n°2 : Limiter le lift et construire différemment

A l'inverse, les joueurs dans le profil de Rafael Nadal (on pourrait aussi citer Stan Wawrinka ou Dominic Thiem), c'est-à-dire des joueurs qui aiment s'appuyer sur des frappes lourdes, avec beaucoup de volume et de spin, sont moins dans leur jardin en indoor où le rebond est généralement plus bas et plus fusant, ce qui limite les ravages de leur lift par rapport à des coups plus à plat.

Evidemment, les joueurs cités plus haut ont un tel niveau qu'ils "claquent" malgré tout régulièrement de bons résultats en indoor. Mais cela ne les dispense pas d'y adapter légèrement leur tennis. "J'essaie de jouer plus à plat en indoor que je ne le fais sur terre battue, acquiesce Rafael Nadal. Mais je prépare aussi le point différemment. Sur terre battue, j'aime construire patiemment, une balle par ci, une balle par-là, en attendant la bonne opportunité. En indoor, on a beaucoup moins de temps pour cela. Donc je m'adapte. J'essaie de jouer avec la surface, et non pas contre elle."

En résumé, mieux vaut privilégier des frappes plus plates et plus rapides que des frappes lourdes avec beaucoup de "spin".

 

Conseil n°3 : s'appuyer davantage sur son service

Nadal concède aussi changer quelque peu sa manière de servir en indoor, surface où la qualité d'engagement est primordiale. Les bons serveurs sont grandement aidés par les conditions accélérées mais surtout aseptisées, qui leur facilitent la vie au lancer de balle.

"Si l'indoor convient aussi bien à mon jeu, c'est avant tout parce que celui-ci est beaucoup basé sur le service, approuve Jo-Wilfried Tsonga, qui est ni plus ni moins le deuxième joueur en activité le plus prolifique en indoor (en termes de matches victorieux) derrière Roger Federer. Et je m'appuie encore davantage sur ce coup en salle. Il n'y a pas de vent, pas de soleil donc cela permet d'avoir une plus grande régularité qu'en extérieur. Pour un gros serveur, c'est très agréable…"

Et même si vous n'êtes pas à cataloguer dans la catégorie des gros serveurs, comme Nadal, tentez davantage de 1ères balles plutôt que de jouer le pourcentage. Vous aurez beaucoup plus chances qu'en extérieur de glaner de précieux points gratuits.

 

Conseil n°4 : Être (encore plus) vigilant

L'une des spécificités du tennis en indoor est qu'il y est plus "facile" de tenir le score même si l'on est dominé, notamment si vous avez justement la chance de bénéficier d'un bon service.

"C'est ce qui est parfois un peu bizarre avec l'indoor, c'est qu'on peut avoir l'impression d'être au-dessus, d'être assez tranquille dans le jeu, et malgré tout avoir un mal fou à faire la différence", avertit Gilles Simon, qui a grandi en indoor et qui considère cette surface comme la plus naturelle pour lui. Au final, un match en apparence "facile" peut devenir particulièrement compliqué et il faut donc toujours rester très vigilant."

Si la filière pratiquée en indoor est souvent plus rapide donc un peu moins exigeante physiquement, elle peut en revanche l'être davantage sur le plan mental. Aussi, redoublez d'ardeur au niveau de la concentration.

(Rémi Bourrieres)

 

© Nicolas Gouhier, Philippe Montigny, Pauline Ballet / FFT