03/07/20

4 façons de garder la motivation avant la reprise des tournois

Compétition tournois

Reprise en vue ! Désormais rentrée en phase 3 du déconfinement, la FFT a récemment annoncé la reprise des tournois. Le temps que la machine se remette pleinement en route, il est toutefois possible, pour certains d'entre vous, de devoir attendre encore un peu avant de renouer avec la compétition. Voici comment conserver la flamme de la motivation à travers l'exemple de Ugo Humbert, dont l'entraîneur Cyril Brechbühl nous raconte comment il a géré cette longue période de coupure.



Après un début de saison très prometteur, marqué par le premier titre de sa carrière à Auckland (photo ci-dessous), le Français Ugo Humbert, 22 ans, 42è mondial, a comme tout le monde était stoppé net dans ses efforts. Quand il a vu que le circuit ne reprendrait pas de sitôt, il a passé une partie du confinement dans le Tarn, où il a pu bénéficier d'un court privé. Ensuite, il a repris l'entraînement "officiel" sur terre battue, d'abord chez lui, à Metz, puis à Roland-Garros et désormais dans le Jura, où il effectue un stage au côté de son ancien préparateur physique devenu également son entraîneur à plein temps en octobre dernier, Cyril Brechbühl.



A travers l'exemple de son élève, Cyril Brechbühl revient ici sur une problématique qui a pu probablement toucher un grand nombre d'entre vous pendant ces semaines de confinement : comment conserver intacte – ou presque - sa motivation en l'absence de tournois prévus ? Même à l'heure où cette perspective touche à sa fin, il n'est pas inutile d'en rappeler les grands principes.


1/ Fixez-vous un objectif de travail


Hormis bien sûr pour ceux qui privilégient le loisir à la compétition, il est rarissime de bénéficier d'autant de temps entre deux tournois. C'est donc le moment idoine pour travailler un coup ou un secteur du jeu bien spécifiques, en prenant son temps, sans être obnubilé par l'obsession du résultat à court terme.

Et alors là, à chacun son envie. Pour Ugo, comme dit plus haut, l'accent a clairement a été mis sur la terre battue. "Ce n'est un secret pour personne que ce n'est pas sa surface de prédilection, pour diverses raisons, opine Cyril Brechbühl. Plus jeune, quand il avait besoin de points, il privilégiait une programmation de tournois plutôt sur dur rapide. Aujourd'hui, il arrive à un classement où il a moins le choix. Et puis, on a quand même un Grand Chelem sur terre battue en France, ce serait sympa de pouvoir un jour y jouer correctement ! A nous de nous préparer en fonction. Pendant le confinement, notre axe de travail a été celui-ci : trouver de la constance dans des filières de jeu supérieures à celles sur lesquelles il a pris l'habitude de briller jusque-là. Physiquement aussi, on a pu prendre le temps de travailler en profondeur. A la reprise, je ne sais pas comment il sera mais je pense en tout cas qu'il sera plus endurant qu'il ne l'était."

Vous aussi, d'ici votre retour en tournoi, trouvez-vous un axe de progression et ne le perdez pas de vue. Il n'est pas trop tard.


 


2/ Fixez-vous un objectif... de vie

Cela peut paraître un peu plus incongru ici, mais cette période "off" est aussi l'occasion unique de prendre du temps pour soi et penser finalement à autre chose qu'au tennis. Mine de rien, cela peut faire partie intégrante d'un processus de régénération mentale.

C'est ainsi en tout cas qu'a voulu le vivre Ugo, qui à 22 ans – il les a fêtés il y a peu – n'avait pas vraiment eu le temps depuis quelques années de faire des choses simples et plus conformes à son jeune âge, comme passer du temps en famille... ou valider son permis de conduite. "L'idée était qu'au moins tout ce temps passé en dehors du circuit ne soit pas perdu, explique son entraîneur. Les cours de conduite lui ont pris un peu de temps et c'est sûr que pendant ce temps-là, il était moins disponible pour les entraînements. Mais cela lui a fait du bien, je pense, de faire autre chose. Cela répond également aussi à un objectif de vivre les choses différemment."

Pour qu'en repartant, on ait l'impression d'être une personne nouvelle, qui a rajouté d'autres cordes à son arc tant sportivement qu'humainement.


 


3/ Réfléchissez sur votre rapport au tennis


Voilà qui participe un peu du même processus de régénération mentale, et qui a en plus l'avantage de pouvoir poser les pierres fondatrices du futur joueur de tennis que vous aimeriez être.

Beaucoup de joueurs, de tous les niveaux, ont témoigné avoir réalisé durant le confinement à quel point le tennis leur manquait. Cyril Brechbühl acquiesce : "Avec Ugo, normalement, on n'a pas  besoin de coupure pour se délecter des moments que l'on vit. Mais là c'est vrai que ça nous manque. Récemment, on s'est dit qu'on avait même hâte de "mouiller" avant un match ! C'est ce stress de la compétition qui nous tient, finalement."

Réaliser l'amour que l'on porte à ce sport – et les raisons pour lesquelles on le lui porte - est évidemment très important. Et l'on peut – l'on doit - prolonger la réflexion en se demandant comment, à partir de là, devenir un meilleur joueur à la reprise.

On pourrait citer l'exemple de Fabrice Santoro qui avait mis à profit une période de réflexion pour en conclure qu'il devait nécessairement modifier son jeu en profondeur, passant d'une filière défensive à un tennis (quasiment) de service-volée. Ce genre de remise en question sur son identité de jeu n'est absolument pas l'apanage des meilleurs. N'en faites pas l'économie.


 

4/ Dites-vous que la reprise arrive !

Ce qui a été le plus compliqué à vivre pour tout le monde, au début de la période de confinement, c'est l'opacité totale quant à la perspective de reprise. "Quand le circuit s'est arrêté alors qu'on était à Indian Wells, au départ, on pensait naïvement qu'on allait reprendre sur terre battue, se souvient Cyril Brechbühl. Puis il y a eu l'objectif d'une reprise potentielle sur gazon qui nous a tenu en haleine. Finalement, les choses n'ont pas évolué dans le bon sens. Heureusement, il y a eu ce positionnement très rapide de Roland-Garros qui nous a toujours donné cette lueur d'espoir à laquelle se raccrocher."

Quand on est perdu dans le désert, mieux vaut en effet avoir une oasis à portée de vue pour tenir le coup moralement. C'est également le propre des compétiteurs : pas de tournois en vue, moins de motivation intrinsèque.

Heureusement, le bout du tunnel semble donc se rapprocher. A l'échelle nationale, c'est d'ores et déjà acquis puisque la FFT a annoncé récemment la reprise possible des tournois. Elle en a profité pour lancer officiellement les matches libres pour les adultes Non Classés/4ème Série, qui n'ont donc même pas besoin d'attendre la perspective d'un tournoi organisé près de chez eux pour reprendre la compétition.

Sur le circuit, on est donc sur une reprise au moins d'août, en Europe pour les femmes et aux Etats-Unis pour les hommes. "Si cette reprise se confirme, Ugo jouera Washington, Cincinnati et l'US Open, puis tous les tournois annoncés en Europe, confirme son entraîneur. Auparavant, il s'alignera mi-juillet à l'étape de Cannes du Challenge Elite FFT."

La vue de la ligne d'arrivée suscite toujours un surcroît d'envie et d'énergie. N'hésitez pas, vous aussi, à vous aménager un programme de reprise, dont la simple perspective vous aidera à garder la flamme.




Recueilli par Rémi Bourrières