12/07/19

Cinq choses à savoir pour être plus fort sous la chaleur

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Vous l'avez peut-être constaté à vos dépens lors de la récente canicule : jouer sous la chaleur n'est pas une sinécure ! Voici comment s'y préparer – et s'y adapter - au mieux.

Vous êtes inscrit à un tournoi cet été et de fortes températures sont annoncées ? Sachez déjà qu'il est inutile d'invoquer la "Heat Policy" en vigueur à l'Open d'Australie ou à l'US Open. Sur les tournois FFT, aucun règlement ne stipule l'arrêt des matches en cas de forte chaleur, la chose étant laissée à l'appréciation du juge-arbitre.

A noter toutefois que des recommandations du Ministère de la Santé sont proposées aux organisateurs de tournoi.

Soyez donc parés à toutes les éventualités. D'autant que la chaleur influe peut-être plus sur les conditions de jeu que vous ne le pensez. Voici comment :

 

1/ Vous perdez peut-être en endurance, mais vous gagnez en explosivité

Sous la chaleur, vos qualités physiologiques ne sont pas uniquement impactées à la baisse, comme peuvent vous le faire penser vos sensations "mollassonnes". Une étude avait ainsi été réalisée en athlétisme. Résultats des "courses" : au-dessus de 25 degrés, le niveau moyen de performance est plus élevé en sprint (de 100 à 400 m), stable en demi-fond (800 à 3000 m) et détérioré en fond (3000 m et plus).

Cyril Schmit, professeur d'EPS passé notamment par l'INSEP, où il avait aidé des athlètes à s'acclimater à la chaleur en vue des Jeux olympiques de Rio 2016, nous aide à comprendre ce phénomène : "Si l'élévation de la température interne est forcément néfaste aux efforts d'endurance, en revanche, l'explosivité est améliorée par la chaleur. Et ce en raison de ce que l'on appelle l'effet Q10 : quand il fait chaud, la transmission nerveuse est plus rapide, la régénération de l'ATP dans les cellules également, et la capacité de déformation musculaire est plus importante."

 

2/ Les conditions sont elles aussi plus rapides

C'est une question de pression atmosphérique. L'air chaud, moins dense que l'air froid, s'élève mais aussi se laisse perforer plus facilement. Cela avait également été mis en lumière par la même étude citée par Cyril Schmit, qui avait montré que "la chaleur était propice à toutes les disciplines consistant à perforer l'air, comme le saut en longueur."

De la même manière, plus le mercure grimpe, plus la balle ira vite dans l'air et rebondira haut puisque l'air pressurisé à l'intérieur, une fois bien chaud, aura tendance à la porter. A contrario, sans doute avez-vous remarqué qu'en hiver, les balles vous paraissent plus lourdes et moins vives.

 

3/ Il faut adapter sa tactique… et son équipement

Vu que les conditions sont plus rapides mais aussi que les capacités cognitives (donc le temps de réaction de votre adversaire) sont affectées, tentez peut-être davantage de premiers services ou d'accélérations. Mais sans perdre de vue l'idée d'emmener votre rival dans un effort d'endurance. "Plutôt que de forcer vos frappes (NDLR : d'autant que la balle avance naturellement plus vite), faites-le faire courir à l'échange ", suggère Cyril Schmit.

Comme vous serez vous-même plus explosif qu'endurant, dosez votre effort et surtout, acceptez mentalement d'avoir plus de déchet que d'habitude.

Bref, adaptez-vous et adaptez aussi votre équipement. Pour compenser les conditions plus rapides, "les trois-quarts des joueurs professionnels augmentent leur tension de cordage quand il fait chaud", dévoile Benoît Mauguin, cordeur sur le circuit. Pourquoi ne pas faire ce même choix ?

Enfin, au rayon textile, rappelons que les couleurs foncés, qui absorbent davantage la chaleur, sont à éviter.

 

4/ Asséchez-vous !

On se gardera bien de dresser le profil-type du joueur performant sous la chaleur, tant il s'agit d'un équilibre subtil entre le gabarit, le style de jeu et l'acclimatation au soleil. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il vaut mieux faire la chasse aux kilos en trop. "La masse musculaire comme la masse adipeuse constituent une barrière à l'évacuation de la chaleur", précise Cyril Schmit.

Pour améliorer ses capacités de thermolyse – soit l'ensemble des mécanismes mis en œuvre par l'organisme pour maintenir constante la température interne -, mieux vaut donc vous assécher. Et pratiquer des sports d'endurance (comme la course à pied ou le vélo), "qui habituent l'organisme à évoluer avec une température interne élevée", rajoute Cyril Schmit.

 

5/ Il existe de nombreux moyens de compenser les pertes hydriques

Même si c'est une évidence, rappelons-le quand même : boire beaucoup est la consigne n°1 en cas de forte chaleur, y compris en amont et en aval de l'effort, et ce même quand on n'a pas la sensation de soif. Au niveau alimentaire, il faut privilégier les aliments gorgés d'eau (tomates, concombres, melons, pastèques, etc.) et réduire les quantités, puisque la digestion dégage de la chaleur.

A côté de cela, le but est de tout faire pour retarder la montée en température : "Prendre davantage son temps entre les points, se mouiller avec une serviette humide et bien se sécher la sueur, car plus la sueur est abondante, moins elle s'évapore", conseille enfin Cyril Schmit.

Des recommandations à suivre et même à accentuer si l'on est au-dessus ou en-dessous dans la tranche d'âge optimale pour la thermolyse (25-45 ans). D'autant plus que l'on a aussi tendance, dans ces âges-là, à perdre davantage d'électrolytes dans la sueur.

(Rémi Bourrières)