03/07/19

Cinq clés pour performer rapidement au padel

Padel tactique conseils

Comme des milliers de pratiquants, vous vous êtes lancés au padel et vous vous régalez déjà ! Voici maintenant comment performer rapidement grâce aux conseils d'Adrien Maigret et Benjamin Tison, deux joueurs de tennis d'origine (ils ont été classés -4/6) qui ont réussi à se hisser au sommet du classement français en padel après moins de trois ans de pratique. Suivez les guides !

Adrien Maigret (à g.) et Benjamin Tison.

 

1/Apprivoisez rapidement les vitres

Les vitres font à la fois la particularité du padel et sa complexité : au début, on est méfiant à l'égard de ce drôle d'édifice en plexiglas qui rend la balle capricieuse et volatile… "Quand on vient du tennis, on a tendance à toujours prendre la balle devant, par automatisme, remarque Adrien Maigret, qui enseigne le padel au club de Bois d'Arcy. L'un des premiers conseils que je donne est de se forcer à utiliser beaucoup les vitres, pour en maîtriser les trajectoires rapidement. Quitte à perdre quelques parties avec ses potes !"

Au padel, les vitres peuvent être votre pire cauchemar comme votre meilleur allié, vous mettre en difficulté comme vous permettre de ramener des balles impossibles. "Au début, au service, il faut viser quasi-exclusivement la vitre, avec un rebond le plus proche possible du plexiglas", complète Benjamin Tison. Plus le niveau s'élève, plus il faut varier."

Car, une fois la vitre apprivoisée, la balle qui s'en approche ne vous fera plus peur.  

 

2/ Prenez d'assaut le filet

Adrien Maigret nous dévoile une règle du padel non écrite mais qui se vérifie très souvent : "Léquipe qui a passé le plus de temps au filet sur la durée du match l'emporte".

Pas de tergiversations, donc. Soyez offensifs ! Sur votre engagement, le service-volée s'impose. En retour, ou en phase défensive, "il faut lober dès que l'on peut, pour faire reculer les adversaires et prendre le filet à leur place", insiste Benjamin-Tison qui assimile un peu le padel à "un jeu d'échecs".

Et aux échecs, on fait toujours avancer ses pions. 

 

3/ Mettez de l'effet dans vos smashs

Au padel, le smash est un coup aussi récurrent que stratégique. Ceux qui viennent du tennis auront tendance à le claquer à plat, jusqu'à se rendre compte que cette arme va se retourner la plupart du temps contre eux, à cause du rebond contre la vitre arrière. "Le smash à plat n'est à utiliser qu'en situation très favorable, pour faire sortir la balle ou la faire revenir dans votre camp", modère ainsi Benjamin Tison.

"Si l'on n'est pas en situation de finir le point, la préoccupation sera de garder le filet", complète son partenaire.

Il faut plutôt privilégier des smashes à effet : la "bandeja" ("plateau" en espagnol), un smash slicé pris quasiment à hauteur de front, sur le côté, qui permettra de garder la balle très basse ; et la "vibora", un smash avec un effet "mi-kické, mi-slicé" qui s'accentuera au contact de la vitre. A partir d'un certain niveau, on peut s'essayer au smash lifté qui a pour but de monter très haut et ainsi lober les adversaires après le rebond mural.

 

4/ Soyez patients dans l'échange

Au padel, il est facile de renvoyer la balle – c'est d'ailleurs l'une des raisons principales de son succès -, mais difficile de gagner le point. Le positionnement entre quatre murs rend la chose extrêmement stratégique. Il faut être offensif, on l'a dit, mais sans non plus faire feu de tout bois. L'équilibre est subtil.

"Contrairement au tennis où c'est souvent celui qui prend le premier l'ascendant dans l'échange qui le gagne, au padel, il faut être agressif à bon escient, uniquement quand on est sûr de finir le point, synthétise Adrien Maigret. Le reste du temps, il faut travailler l'adversaire, l'enfermer dans les angles, viser les zones… Il faut faire jouer au maximum."

Le padel est peut-être le sport de raquette où les échanges sont les plus longs. Patience et longueur de temps font beaucoup plus que force et rage.

 

5/ Choisissez bien votre côté

Attention, choix capital ! Si votre paire de double est composée d'un gaucher et d'un droitier (comme c'est le cas de nos deux conseillers), pas d'hésitation : contrairement au tennis, le gaucher devra (quasi) obligatoirement jouer à droite. La raison principale, comme le rappelle le gaucher Benjamin Tison, "c'est que les deux joueurs joueront ainsi les volées et smashes de coup droit au centre." Accessoirement, les joueurs ont aussi généralement plus de facilité à retourner en revers côté vitre.

Dans le cadre d'une paire homogène droitier/droitier, "le joueur de gauche est souvent le joueur le plus puissant, celui qui finit les points, car c'est lui qui aura les volées et smashes de coup droit à jouer au centre. Alors que le joueur de droite est plus un "manieur" de balle", constate le droitier Adrien Maigret. Evidemment, si l'on a deux gauchers, c'est l'inverse.

Certaines paires homogènes aiment aussi à brouiller les pistes en variant les positions du volleyeur sur leur engagement.

(Rémi Bourrières)