31/08/19

Cinq questions à se poser pour réussir sa saison

tennis tactique technique Mental conseils

Septembre, nous y sommes ! La fin d'une saison, le début d'une autre… Une période cruciale et parfois délicate qu'il convient d'aborder en se posant les bonnes questions. En voici (au moins) cinq, qui nous paraissent essentielles.

 

1/ Dans quel état physique et mental vous trouvez-vous ?

On n'emménage jamais dans un nouveau logement sans faire un état des lieux, vous êtes d'accord ? Au tennis, c'est pareil. On ne débute jamais une saison sans savoir précisément dans quel état on se trouve. "Et en fonction de cet état, on va adapter le temps de repos nécessaire avant d'attaquer la nouvelle saison, conseille Hugo Lecoq, ancien -15, désormais coordinateur national des 14-18 ans féminines au sein de la FFT.

Selon celui qui fut aussi l'entraîneur d'Amélie Mauresmo, cette coupure est quoi qu'il en soit essentielle. "C'est le moment de penser à autre chose et pourquoi pas faire autre chose que du tennis. Il faut se régénérer physiquement et mentalement pour repartir sur un corps frais."

 

2/ Quel bilan faites-vous de la précédente saison ?

Maintenant que les dés sont jetés, cette période est le meilleur moment pour faire un bilan le plus exhaustif et objectif possible. Il sera d'autant plus précis si les objectifs de début de saison l'avaient également été. Cela permet de "pouvoir se juger sur du factuel, en mettant l'émotion de côté", comme le dit Hugo Lecoq

Mais cette grande introspection doit aller plus loin que la simple analyse de résultat. Que l'on soit monté ou descendu, on a forcément fait des choses bien et d'autres moins bien. "Il faut se demander pourquoi on a loupé un match afin de ne pas reproduire la même erreur, mais aussi analyser précisément les conditions - notamment mentales - dans lesquelles on était avant un bon match, souligne Jean-Pierre Jounier, un ancien 1/6 et professeur de tennis qui s'est fait connaître avec ses vidéos tutorielles sur son site team-tennis.fr. Ce travail d'analyse emmène à être conscient de ses pensées. Or, nos pensées ont une influence directe sur notre niveau."

Si vous sortez d'une période vraiment compliquée, c'est le moment de vous remettre en question, en rappelant cette maxime d'Albert Einstein : "La folie, c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent."

 

3/ Quelles sont vos pistes de travail ?

Cette réflexion va découler du bilan précédent, en corrélation avec vos objectifs futurs. "C'est bien de se fixer un objectif mais il faut surtout se demander comment on va l'atteindre, enchaîne Jean-Pierre Jounier. Le problème est que, souvent, les joueurs amateurs ne veulent pas perdre leur classement. En même temps, ils ont des lacunes qui limitent leur progression. De peur de régresser pendant quelque temps, ils hésitent donc à se lancer dans un chantier technique. C'est pourtant le bon moment pour le faire."

C'est d'ailleurs ce que font les grands champions qui cherchent constamment à faire évoluer leur jeu et profitent en général de l'intersaison pour travailler un coup, à l'image de Roger Federer il y a trois ans avec son revers. On ne saurait trop vous conseiller d'être vous aussi toujours à l'affût de ce qui pourrait être amélioré, sur tous les plans.

Au-delà de l'amélioration que vous en tirerez, cela donnera du sens à vos entraînements. "Car il y a une vraie satisfaction à constater ses progrès au fil des semaines, comme le fait souligner Hugo Lecoq qui conseille de se fixer sur "2-3 objectifs d'acquisition maximum, afin de ne pas se perdre."

 

4/ Quels sont vos objectifs pour cette nouvelle saison ?

Il y a deux écoles. Ceux qui aiment se fixer une carotte au bout du bâton – "je veux monter 15/1 à la fin de l'année" – et ceux qui ont l'impression de se mettre un surcroît de pression en procédant ainsi. "Le point positif d'avoir un objectif identifié, c'est qu'on a aussi des points de passage qui permettent le cas échéant de réévaluer cet objectif en cours de saison, estime Hugo Lecoq.

A cette philosophie, on pourrait opposer celle d'un Stan Wawrinka, qui expliquait lors d'une récente interview auprès d'Antoine Benneteau : « Je ne me suis jamais dit : "Il faut que je gagne un Grand Chelem, il faut que je sois top 10 ou top 5." (...)Pour moi, le but était de progresser, faire le travail qu'il faut pour me donner le maximum de chances de battre n'importe quel joueur."

Peu importe ce que vous préférez, il convient en revanche à minima d'avoir un but, et un plan. On n'entame pas (ou plus) une traversée de l'Atlantique équipé d'un simple sextant. Mieux vaut donc éviter de naviguer à vue à l'abord d'une nouvelle saison.

Ne faites pas l'économie d'une projection de votre calendrier en planifiant vos périodes de compétition (ou de repos) en fonction de votre emploi du temps, votre cadre d'entraînement, vos éventuels chantiers techniques et bien entendu vos surfaces ou conditions favorites. Un calendrier bien planifié est un premier pas vers le succès.

 

5/ Et quel sera votre leitmotiv ? 

Pour vous donner un maximum de chance d'atteindre vos objectifs, il faut déterminer un cap que vous prendrez soin de suivre quoi qu'il arrive. On parle-là plutôt d'un objectif comportemental : jouer à fond du premier au dernier point, ne pas s'énerver, mettre plus d'énergie dans le jeu de jambes, être tourné vers l'offensive, se détacher du score…

Ce sera votre fil conducteur, votre phare dans la nuit, la bouée à laquelle vous vous raccrocherez quand, inévitablement, les premières difficultés surgiront. Et comme le souligne Jean-Pierre Jounier, pour bon nombre de joueurs, le leitmotiv prioritaire sera peut-être simplement de prendre du plaisir : "On est souvent obsédé par ses matches mais on devrait accorder beaucoup plus d'importance à cette notion. Le plaisir doit être à la base de tout, car il est impossible de bien jouer sans."

Avant de vous lancer à corps perdu dans la bataille, c'est donc peut-être la toute première question à vous poser : qu'est-ce qui vous ferait plaisir cette saison ?

(Rémi Bourrières)