29/05/16

Ma journée à "Roland" : Jean-François Uzan, arbitre

Jean-François Uzan
arbitrage Interview Roland Garros

Ils viennent en spectateur à Roland-Garros ou ils y travaillent : nous vous proposons de découvrir des acteurs du tennis français tout au long de la quinzaine. Deuxième épisode, celui de l'arbitre Jean-François Uzan.

Ingénieur chez PSA Groupe (ex PSA Peugeot Citroën), Jean-François Uzan a découvert presque conjointement le tennis et l’arbitrage. Depuis, cet ancien volleyeur âgé de 42 ans utilise tout son temps libre pour sa nouvelle passion.

Après avoir longtemps fréquenté les parquets, notamment sous les couleurs de Levallois-Perret en Régionale 2, Jean-François Uzan a rangé ses habits de volleyeur pour endosser une panoplie de tennisman.

"J’ai suivi ma femme dans son sport dans le club de Courbevoie Sport Tennis, explique cet ingénieur en mécanique âgé de 42 ans. Ça ma tout de suite plu." Très bon en défense, comme son idole Novak Djokovic, Jean-François court partout et monte vite 30/2. Mais en parallèle, il découvre l’arbitrage : "Le club était en recherche d'arbitres, pour les rencontres par équipes de printemps, et comme j'avais déjà côtoyé le milieu de l'arbitrage dans le volley-ball, j’ai suivi une session de formation qui m'a amené à arbitrer les matchs par équipes de mon club."

Titulaire du A1 en 2012, du A2 en 2013, il participe à l’édition 2015 du Trophée National Seniors Arbitrage après avoir été proposé par la Ligue des Hauts-de-Seine. "C’était une expérience enrichissante, on arbitre les rencontres du Championnat de France Individuel Seniors+ en étant encadrés par des évaluateurs de la FFT, à Roland-Garros, dans un cadre exceptionnel," se félicite Jean-François. Une expérience qui lui a également permis de rencontrer des arbitres venus de l'ensemble des Ligues de Métropole et des DOM TOM, qu’il revoit avec plaisir au gré des tournois ou des matchs par équipes.

 

Titulaire A2

Grâce au TNSA, Jean-François Uzan a gagné en assurance : "J’ai acquis plus de confiance, de sérénité dans la gestion d’un match, en particulier dans les situations complexes. Je sais qu'il me reste encore beaucoup de choses à apprendre pour envisager le grade supérieur de A3. Je me sens beaucoup moins stressé à l’idée d’arbitrer seul sur ma chaise des joueurs négatifs ou numérotés sur terre battue ou surface rapide". 

Cette expérience lui est évidemment très utile à l'heure d'officier à Roland-Garros pour la première fois. Jean François décrit sa journée type pendant le tournoi.

"Chaque soir, je reçois un email de Gaël Raison (responsable des arbitres à la FFT), qui me donne mon affectation, avec l’heure à laquelle je dois être au stade et l’équipe de juges de lignes dans laquelle je suis pour la journée. Le matin quand j’arrive à la chambre d’appel, je découvre sur quel court je vais être ainsi que mon poste. Depuis le début du tournoi, j’ai arbitré sur les courts n°18, 17, 13, 15, 2, 4, 6 ou le Lenglen pour la Journée des Enfants. Avec des joueurs comme Raonic ou Kyrgios, pour lequel il faut être prêt car on sait qu’il peut vite s’énerver. Lors des qualifs, j’ai pris beaucoup de plaisir sur le match de l’Argentin Berlocq contre le Belge De Greef (9-7 au 3e set), tendu, passionnant jusqu’au bout."

Les journées sont longues mais le plaisir est intact. "Je termine chaque journée bien 'rincé'. C’est mon premier Roland-Garros et j’en profite pleinement. L’ambiance, le cadre, tout me plaît. Et je trouve super agréable de sortir d’un court en ayant le sentiment d’avoir bien travaillé."

 

Premier Roland-Garros

Pour Jean-François, l’arbitrage demeure une passion au même titre que le sport, la décoration, la nature et ses deux chats abyssins Judlo et JFK. Sans oublier les treks avec son épouse, comme en 2013 le tour des Annapurnas, de nombreuses randonnées et voyages avec une préférence pour "la montagne l’été".

Ravi de côtoyer des champions par le biais de l’arbitrage, Jean-François estime que pour monter sur la chaise, il faut avoir confiance en soi, être concentré, être à l'écoute des joueuses ou joueurs et surtout avoir une bonne vue. Mais aussi savoir rester calme quand ça chauffe sur le court : "Essayer dans un premier temps d’adoucir la situation, d’expliquer au joueur en quoi son comportement est répréhensible et sanctionner quand cela le nécessite." Les propos d’un arbitre arrivé à maturité.