05/11/21

Réussir son retour au court

tennis

Qui dit rentrée dit souvent reprise des cours et retour à la compétition. Parfois, après de longs mois sans faire de match, ce n’est pas toujours évident. Comment s’y préparer ? Quelle est la bonne attitude à adopter ? Quels sont les pièges à déjouer ? Comment organiser son calendrier ? Paul-Henri Mathieu, aujourd'hui Directeur du Haut Niveau à la Fédération Française de Tennis, vous livre ses conseils.

 

1) Prendre son temps

Il faut éviter toute impatience pour prévenir le risque de blessure par manque de préparation.
 
"Même si on a très envie de jouer, il faut veiller à être un minimum prêt physiquement avant de reprendre et donc bien s'entraîner en amont, conseille Paul-Henri Mathieu, qui avait décalé de quelques semaines sa reprise en 2012 post blessure quitte à renoncer à l'Open d'Australie. Après une longue période sans temps de jeu, on peut ne pas savoir où on en est, ni comment son corps va réagir. On est peut-être un peu plus fragile, donc il faut surtout veiller à ne pas se blesser d'entrée..."
 
 

2) Faire preuve d’indulgence envers soi-même

Même si les sensations « raquette en mains » sont toujours là, on sait qu'en match, avec l'aspect émotionnel qui rentre en jeu, c'est toujours plus compliqué.
 
Vous ne retrouvez pas votre niveau de jeu d’avant ? Gardez le sourire, ça va revenir ! « Jugez-vous » avec bienveillance, en tenant compte du contexte :
"Il va falloir un peu de temps avant de retrouver tous vos automatismes, prévient PHM. Il faut rester exigeant mais sans être contre-productif à vouloir trop, trop vite. Il faut juste être convaincu que tôt ou tard, ça reviendra. Je dirais même que plus on est indulgent avec soi-même, plus on est positif, et plus ça va revenir vite ! Ça paraît basique, mais c’est une méthode qui fonctionne..."

 

3) Il n’y a pas que le résultat qui compte

Victoire, défaite, il faut relativiser ! Tant mieux si votre reprise après un long arrêt se solde par un succès, mais : "Plus que jamais, il faut se détacher du score et du résultat pour se concentrer sur un objectif de jeu ou d’attitude, enchaîne celui qui a atteint à cinq reprises la deuxième semaine d'un tournoi du Grand Chelem. Personnellement, quand j'avais repris la compétition au Challenger d'Heilbronn, le résultat ne comptait pas, je voyais ça plutôt comme une préparation pour la suite. C'est d'ailleurs la seule fois de ma carrière où j'étais sorti du court en étant content d'avoir perdu (Ndlr : il s'était incliné d'entrée contre le Belge Ruben Bemelmans). J'avais tenu le coup physiquement et c'est tout ce qui comptait à mes yeux."

 

4) Gérer ses émotions

"Quand on n'a pas joué depuis longtemps, il est normal de ressentir davantage de stress pendant le match, avertit "Paulo". Cette pression peut faire douter, trembler. Mais ça peut aussi faire l'effet l'inverse : le fait d'avoir été privé de jeu pendant un moment peut permettre à certains de jouer de manière plus libérée. C'est à double tranchant."
 
À chacun sa façon d’appréhender ce moment de « come-back » mentalement et de visualiser ses objectifs !
 
 

5) Organiser son calendrier

N’hésitez pas à vous interroger : quelles sont mes motivations profondes à pratiquer le tennis en compétition ? Être à l’écoute de son corps, garder sa lucidité, se projeter sur un calendrier de compétitions cohérent, se fixer des objectifs progressifs : ce sont les clefs d’un retour à la performance !
"L'important, c'est le chemin, ce que l'on met en œuvre pour être meilleur tous les jours. Le classement sera une conséquence de tout ça mais ne doit pas être l’objectif premier."